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Crédits Carbone au prix du marché

Avec le Système Communautaire d’Échange de Quotas d’Émissions de l’Union Européenne (SCEQE ou SEQE), on vend des crédits Carbone au prix du marché

Le carbone possède un prix et un marché.

Le marché du carbone est un outil créé pour réaliser les objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effets de serre.

En terme d’investissements, le carbone se porte mème plutôt bien. Pour l’instant.

Outil incitatif à opter pour une économie moins carbonée, le marché du carbone réduit les émissions de GES qui sont sa raison d’être. En principe.

Mais ce marché risque de connaître des tensions.

Ces tensions ne résultent pas de la diminution des émissions de Co2 qui en ferait une rareté.

Elle résulte en fait des règles de la finance.

Les crédits Carbone au prix du marché y seront soumis comme dans tout marché boursier d’ailleurs.

Un outil anti – carbone

C’est notamment au cours du sommet de Kyoto en 2005 que le marché des Crédits carbone est né.

Avec ce marché carbone, un crédit correspond ainsi à une tonne de CO2 éliminée ou évitée.

Ce marché du carbone se veut donc être un système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre, de crédits carbone et de quotas carbone.

Par contre, au lancement de cette idée de marché du carbone chaque pays pouvait ouvrir sa bourse.

L’idée était alors d’inciter tous les pays concernés à développer les technologies propres pour lutter contre le réchauffement climatique.

Lors de la phase expérimentale du marché de carbone européen (2005-2007), la Bourse européenne estima que 50 à 100 millions de tonnes de carbone ne furent pas rejetées dans l’air.

Pour les 12000 entreprises soumises au marché du carbone européen, la baisse de la quantité d’émissions de gaz à effet de serre fut de 8,7 % en 2019.

Fluctuations du carbone

Le prix du carbone au lancement du marché était alors de 30 € la tonne.

Il était donc très incitatif pour obliger les industriels à investir dans des technologies propres.

Mais sur la bourse du marché, la tonne de carbone tomba à 14,24 € en 2009 et à 5 € en 2012.

En 2018, les prix du carbone vont connaître une nouvelle augmentation suite à la réforme de la Commission créant une réserve de stabilité du marché.

Aujourd’hui avec les nouveaux objectifs européens de réduction des émissions de Co2, la tonne vaut environ 50 €.

Chaque année le plafond des quotas carbone diminue.

Le but est de tendre vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

L’objectif du marché du carbone était de se doter d’un instrument pour réduire les émissions de Co2.

L’Europe s’engageait à atteindre en 2020 une diminution des émissions de 20 % par rapport à celles évaluées en 1990.

Le mise en œuvre et le fonctionnement de ce marché connaît alors un particularisme.

Pratique concrète

A son lancement, les industriels les plus pollueurs (12 000 installations) se voient attribuer un plafond d’émissions par les gouvernements (gratuits).

Au bout d’un an, les industriels vertueux obtiennent ainsi un crédit de carbone des émissions qu’ils n’ont pas dépassé par rapport au plafond fixé.

Pour la France, c’est la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui tient le compte.

Au total 1004 installations sont inscrites sur son registre.

Là où le marché des Crédits Carbone devient intéressant, c’est avec la possibilité pour un industriel créditeur de vendre ses émissions en surplus à des industriels dépassant leurs quotas.

Par contre le débiteur doit obligatoirement acheter l’équivalent des émissions qu’il a dépassé. Sous peine d’amende.

Mais ce n’est alors qu’une amende de 100 euros la tonne de Co2 dépassée.

Le marché de carbone Européen comprend 1,8 million de tonnes de carbone (plafond de l’U.E).

On peut négocier au comptant sur le marché mais il est possible aussi d’acheter à terme.

Évolution du marché du carbone

A l’issue de la période expérimentale de 2005-2007, le cours était proche de zéro sans aucun acheteurs.

Le nombre de permis d’émettre offerts par Bruxelles étaient trop importants au regard des rejets existants.

Avec la première phase du marché européen (2005-2007), l’estimation de réduction de GES dans l’atmosphère fut de 50 à 100 millions de tonnes par an.

Cette fourchette laisse dubitatif par son amplitude au regard de la difficulté à quantifier ces rejets.

Le prix élevé du carbone en 2005-2006 (jusqu’à 30 € la tonne) incite ensuite certains industriels à accélérer leurs investissements pour être plus respectueux de l’environnement.

Mais le prix du CO2 s’effondre pratiquement à zéro en 2007, dernière année de la phase expérimentale.

Aujourd’hui, deux pays dominent les échanges.

A Paris, pour le marché du comptant, Bluenext, (filiale de la Caisse des dépôts et de l’opérateur boursier NYSE Euronext), domine le marché.

A Londres, c’est ECX qui organise les contrats à terme.

Ce que l’on sait moins, c’est que la Bourse du carbone n’est pas exclusive aux industriels.

Un particulier peut également acheter des tonnes de carbone.

Nouvelle réforme

La Commission européenne lance une nouvelle réforme de son grand marché des « droits à polluer ».

Cette réforme modifiera deux de ses leviers :

  • Abaissement du plafond des quotas d’émission de 2,2 % à 4,2 % chaque année (donc 42 % en dix ans)
  • Renforcement de la réserve de stabilité de marché

Avec cette réforme, le secteur maritime va (enfin) intégrer le marché. Bien que son pourcentage mondial de rejets soit faible comparer à l’industrie.

A cela s’ajouteront aussi d’autres mesures.

A compter de 2026, les quotas gratuits des activités de l’aluminium, de l’acier, de l’électricité, de l’engrais et du fer seront progressivement diminuer en dix ans. Et cela en corrélation avec la nouvelle taxe carbone aux frontières.

De mème à partir de 2027, les 80 % de quotas gratuits des compagnies aériennes seront progressivement supprimées.

La mesure de la valeur carbone de l’électricité reste empirique.

Il existe des écarts considérables entre les différentes méthodes d’évaluation.

Les valeurs sont variables dans les 64 pays dotés d’un système officiel : entre 0,50 et 186 dollars.

Green Deal vers 2030

La réforme du marché du carbone et la reprise industrielle dynamise le marché européen du carbone en ce début d’année 2023.

Le redémarrage des centrales à charbon nécessite davantage de crédits de carbone alors que les quotas gratuits diminuent.

La tonne de CO2 passe ainsi le seuil des 100 euros (20 %) pour la première fois depuis son ouverture.

A l’horizon 2030, le volume des quotas gratuits datant de 2005 sera réduit de 60 %.

Les crédits Carbone au prix du marché devraient donc connaître des fluctuations importantes dans l’avenir.

Article : P. du Chélas

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