23/09/2023
SANTÉ & BIEN ÊTRE

Mercure et intoxication mortelle

L’intoxication au mercure, métal liquide et peu visqueux, peut être mortelle.

Le mercure fait partie des métaux lourds.

Le mercure est présent dans la nature essentiellement sous la forme d’un minerai de sulfure de mercure (α-HgS), nommé cinabre.

Le cinabre nous procure la poudre de couleur rouge vermillon utilisée comme pigment (céramiques, tatouages,..).

Par contre le mercure est un métal dont la toxicité est reconnue depuis l’Antiquité.

Mercure et intoxication sont donc antiques et la maladie se nomme hydrargyrisme.

Un métal particulier

Le mercure appartient au groupe 12 aussi appelé « groupe du zinc ».

Il est notamment présent à l’état stable dans la croûte terrestre (mercure «géologique»).

Par contre on retrouve le mercure dans notre environnement lorsqu’il quitte cet état stable.

Il devient «actif» suite à des processus naturels ou à des interventions de nature humaines.

Ses sources naturelles sont ainsi très variées ; conduits volcaniques sous-marins, cristaux de sel marin, eaux douces, feux de forêt, océans, plantes, poussière météorique, sols, volcans, zones géologiques riches en mercure,..

Le mercure est constamment libéré dans l’environnement par l’évapotranspiration des végétaux, l’érosion des sols, la vaporisation du sel marin, le vent, les feux de forêt, les mouvements de masses d’eau ainsi que par la vaporisation à partir des sols, des océans, des lacs et des rivières.

A cela s’ajoute aussi d’autres causes comme l’inondation de territoires à des fins hydroélectriques, la déforestation et l’excavation des sols qui augmentent les échanges de mercure entre les divers systèmes.

Le mercure est le seul métal liquide à la température ambiante qui conduit l’électricité.

En plus il prend de l’expansion à un taux constant durant les changements de température ou de pression.

La phase la plus importante du cycle du mercure est celle de sa conversion de phase inorganique à composé organique ; méthylmercure.

Le mercure dans l’environnement

Il est presque impossible de déterminer la part du mercure naturel et du mercure anthropique dans les cycles naturels.

D’autant plus que les spécialistes s’accordent sur un ratio de 40 % d’origine naturelle et de 60 % d’origine humaine.

On estime aussi que les émissions naturelles se produisent principalement sous forme de vapeurs de mercure élémentaire (Hg0).

Il s’agit de particules et de vapeurs d’oxydes, de sulfures, d’halogénures ainsi que de vapeurs de méthylmercure.

Des sources naturelles

Nos chercheurs estiment aussi que les émissions des sources continentales représentent chaque année environ 1000 tonnes d’émissions naturelles.

Les océans émettraient annuellement environ 1200 tonnes depuis la rémission de dépôts de mercure attribuables aux activités humaines.

Nos océans en contiendraient 300 milliards de tonnes dans leurs sédiments).

Au final, on trouve donc le mercure dans les roches et les sols, l’eau et les végétaux.

On le trouve aussi dans ses sources anthropiques comme la combustion du charbon, l’incinération, la métallurgie, la sidérurgie,..

Le Tibre en Italie déverse à lui seul chaque année environ 14 tonnes de mercure dans la Méditerranée.

A titre d’exemple, jusqu’aux années 1980, la plus grande source anthropique de mercure au Canada était l’industrie de chloralcali.

Le mercure s’utilise afin de fabriquer du chlorure et de l’hydroxyde de sodium.

Cette industrie rejetait 35 tonnes de mercure chaque année.

Les rejets naturels de mercure proviennent des feux de forêt, des excrétions animales et des plantes lors de leur décomposition.

Les éruptions volcaniques en rejettent pour 40 %.

Les émissions anthropiques ont fortement augmenté depuis la révolution industrielle : rejets industriels et corrosion des munitions immergées.

Les industries de production de l’électricité par combustion (charbon, mazout, etc.), de fusion des métaux et d’incinération de matières résiduelles, libèrent des quantités de mercure importantes dans l’environnement.

Moins connu, l’orpaillage est une sources importante de rejet de mercure dans la biosphère.

Les orpailleurs utilise le mercure pour amalgamer l’or et l’extraire plus facilement et ils ne sont pas à l’abri d’une Mercure et intoxication mortelle

Les produits du quotidien

Moins suspectés, nos produits du quotidien contiennent également du mercure comme les piles bouton, les lampes fluocompactes et les tubes fluorescents.

Mais c’est le cas aussi des interrupteurs à bascule, les produits des technologies de l’information et des télécommunications (smartphones), le matériel électronique, les écrans plats, les thermomètres domestiques et les thermostats ainsi que l’amalgame dentaire qui contient près de 50 % de mercure.

Plusieurs pays d’Europe ont légiféré pour limiter les rejets de mercure dans les égouts en imposant aux cabinets dentaires de se doter d’un séparateur destiné à récupérer les résidus d’amalgame dentaire.

La France a ainsi imposé des séparateurs d’amalgame par arrêté ministériel du 30 mars 1998.

Dans les appareils ménagers datant d’avant leur retrait, les interrupteurs au mercure contenaient jusqu’à 3,5 g de mercure.

La toxicité du mercure

Mercure et intoxication mortelle : le mercure est un contaminant.

En effet l peut se transférer rapidement de l’air à l’eau, de l’air au sol et vice versa.

Il peut se déplacer sur de longues distances dans l’atmosphère ce qui en fait contaminant transfrontalier.

En France, la dose moyenne d’ingestion du mercure est de 267µg/semaine pour une dose maximale de 200µg/semaine (norme de l’OMS).

Par contre il est toxique sous toutes ses formes organiques et pour tous ses états chimiques.

Quand le mercure atmosphérique se dépose sur le sol, il peut notamment être transformé en méthylmercure.

C’est une forme plus toxique que les molécules métalliques initiales entraînées dans l’air.

Il s’accumule ainsi dans les tissus vivants par un processus nommé bioamplification, durant lequel sa concentration augmente.

Cela débute avec les micro-organismes puis ensuite jusqu’aux poissons et aux prédateurs de poissons (comme l’homme).

Au Japon, ce phénomène a abouti à une consommation de poissons contenant des niveaux toxiques de méthylmercure.

Cette consommation a fait plus de 1700 victimes en raison d’une usine pétrochimique installée dans la baie de Minamata.

Cette usine rejetait des résidus de métaux lourds dans la mer dont des composés à base de mercure (maladie de Minimata).

En 2009, on dénombrait plus de 13000 malades admis et reconnus par l’entreprise industrielle et l’État.

On en comptait avec au moins une certitude pour près 25000 autres détectés.

A la suite de cette affaire, la convention de Minimata, à l’initiative de l’ONU, décida de limiter les rejets de mercure dans l’environnement.

Un danger pour la santé

Pour le mercure métallique, les effets toxiques dépendent notamment de l’état physique de l’individu et de la voie d’exposition.

Sous forme de vapeur, il est bien absorbé par voie respiratoire et soluble dans le plasma, le sang et l’hémoglobine.

Quand le mercure atteint la circulation sanguine, il peut affecter les reins, le cerveau et le système nerveux en général.

De plus le mercure est soluble dans les graisses et peut donc traverser la barrière placentaire.

Cela représente des risques pour le fœtus et pour les nouveaux-nés car il est excrété dans le lait maternel.

Le mercure élémentaire, liquide, est pratiquement inoffensif.

Ingéré par voie orale, il est éliminé rapidement dans sa quasi-totalité par les voies naturelles.

On peut d’ailleurs le toucher sans danger.

Le mercure est inclus dans le Protocole sur les métaux lourds adopté par les Nations Unies en juin 1998 et entré en vigueur en décembre 2003.

Ce protocole, a pour objectif de réduire, entre autres, les émissions de mercure en proposant des limites d’émission pour les sources majeures.

Il incite à l’utilisation de meilleures technologies de traitement des émissions ou, si possible, son retrait à la source.

L’intoxication au mercure est un problème de santé publique que combat la Convention de Minamata.

Article : P. du Chélas

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L’OMS recommande de ne pas consommer de poissons contenant plus de 0,5mg de mercure par kilogramme


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photo : pexels.com

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