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AGRICULTUREPOLLUTIONSSANTÉ & BIEN ÊTRE

Pesticides et intoxication des agriculteurs

En 2020, la commission coprésidée par le sénateur Gérard Menuel et le député Didier Martin publiait un rapport évoquant les pesticides et l’intoxication des agriculteurs.

Cette commission rassemblait ainsi des sénateurs et des députés.

Sa mission était d’étudier les pesticides et leur impact sur la santé en France.

Et cela notamment dans le contexte des états généraux de l’alimentation.

Point de situation

Ce rapport fut la base du plan du gouvernement relatif aux produits phytosanitaires et aussi à leur limitation.

Les cas et les témoignages d’agriculteurs intoxiqués ou empoisonnés par des pesticides sont nombreux. Mais leur décompte est difficile.

Alors que les apiculteurs s’empoisonnent avec du fipronil, les agriculteurs ont déjà contractés leurs maladies.

Leucémies, tumeurs cérébrales, cancers des ganglions et de la prostate existent depuis bien longtemps.

On utilise entre 20 et 30 pesticides différents chaque année dans chaque exploitation en France. En dehors des exploitations Bio bien évidemment.

Dans le monde, les pesticides sont à l’origine de 385 millions de cas d’intoxications aiguës non intentionnelles chaque année.

Entre 1990 et 2017, l’utilisation mondiale de pesticides passa à 4,1 millions de tonnes par an. Soit 81 % de plus que lors de l’année 1990.

Depuis peu en Suisse, on étudie aussi l’exposition professionnelle.

Et notamment le lien pesticides et intoxication des agriculteurs.

Des maladies peu reconnues

On doit cette étude Suisse au DSTE.

C’est le Département Santé au travail et environnement du Centre universitaire de médecine générale et de santé publique (Unisanté).

La Suisse ne consomme pourtant que 2 tonnes de pesticides par an.

Il s’agit d’herbicides, d’insecticides et de fongicides (chimiques ou naturels).

En France, par contre les volumes d’emploi sont tout autre.

Entre 2002 et 2010, la sécurité sociale agricole, la MSA, n’a en effet admis que 47 maladies professionnelles liées aux pesticides. Pas plus.

Mais les cas de contamination et de maladies neurologiques se multiplient chez les agriculteurs.

Il semble difficile en France pour un agriculteur ou son salarié de prouver quoi que ce soit.

Combat judiciaire

Le tribunal judiciaire de Vannes donne enfin gain de cause en 2023, à l’épouse de Jean-Michel Hervault, éleveur de vaches laitières et de poulets à Mauron, contre la Mutuelle sociale agricole (MSA).

La MSA refusait en effet la prise en charge de la maladie de son mari.

Cet agriculteur était décédé d’une tumeur cérébrale après avoir utilisé durant de longues années des fongicides, des insecticides et des herbicides dont du glyphosate.

A titre d’exemple aussi, l’agriculteur Paul François cherche à faire reconnaître la responsabilité judiciaire de la firme Monsanto.

Et cela suite à son intoxication avec un herbicide.

Cet herbicide lui causa des troubles neurologiques en 2004.

Dans cette affaire Paul François a connu ainsi quatre procès dont le dernier en 2019.

Chez les professionnels de l’agriculture la Mutualité sociale agricole (MSA) a indemnisé moins d’un millier d’agriculteurs en 10 ans.

Pourtant ce secteur emploie pas moins 1,3 million d’actifs.

Du côté de l’administration, l’estimation du nombre de victimes potentielles serait par contre de cent mille personnes.

Le nombre de malades avec une forte présomption de causalité entre la maladie et l’exposition est d’ailleurs de l’ordre de dix mille personnes.

Sur ces dix mille malades, deux tiers le sont notamment avec la maladie de Parkinson.

Un autre tiers avec les hémopathies malignes.

Des responsabilités fuyantes

Pour avoir une vision de la situation, il faut comprendre que l’utilisation des pesticides s’étale sur 40 ans.

Les agriculteurs intoxiqués avec leurs pesticides furent nombreux en effet au début des folles années des pesticides.

Absence de règles

Il faut intégrer aussi que les premiers pesticides ne faisaient pas l’objet de contrôles.

Pas même d’ailleurs d’interdictions au regard de leur dangerosité.

D’autre part la sensibilisation s’est surtout développée tardivement dans le cadre de la communauté Européenne.

La situation est différente aujourd’hui (voir notre article : Glyphosate).

Un marché et plusieurs acteurs

  • Des fabricants qui ont fait fortune dans un marché en pleine expansion.
  • Ils ne se souciaient pas de l’impact à long terme de leurs produits chimiques sur la santé.
  • Que cette santé soit humaine ou animales d’ailleurs (toutes espèces confondues).

Adaptation aux contraintes Européennes

Les mêmes fabricants ne font que s’adapter aujourd’hui à la norme Européenne.

  • Les coopératives vendeuses en tant qu’intermédiaires les produits chimiques sans aucune connaissance. Que ce soit de la composition ou de la signification des mentions sur les étiquettes (effets indésirables et irréversibles). Ces coopératives doivent réviser leur mode de fonctionnement.
  • Des paysans naïfs qui manipulaient les produits chimiques sans protection (masques ou gants) pour les répandre dans leurs champs.
  • Ils faisaient confiance à l’industrie chimique.

Les paysans découvrent ainsi plusieurs années après, la contamination environnementale à laquelle ils procédaient avec des produits chimiques.

  • Les autorités sanitaires homologuant les produits chimiques sans évaluations scientifiques sérieuses. Ces mêmes autorités produisent maintenant des études pour reconnaître l’inverse des discours tenus à l’époque (cf le chlordécone des Antilles).

Les dossiers d’homologation se basaient sur des tests avec opérateurs dotés de protections.

Ces opérateurs qui avaient gants, masques, combinaison de protection et bottes, respectaient scrupuleusement les recommandations d’usage.

Évidemment, les conditions de tests ne correspondaient pas aux pratiques du travail agricole.

Une autre époque

Époque où les scientifiques nous expliquaient d’ailleurs que jeter les fûts de déchets radioactifs dans la mer ne présentait aucun danger.

Et également la radioactivité allait se dissoudre avec le sel de mer

Aujourd’hui le Code de la santé publique stipule que la quantité totale de pesticides ne doit pas dépasser 0,50 µg/L.

Curieusement en ce qui concerne l’air que nous respirons, la concentration de pesticides ne fait l’objet d’aucune réglementation.

Ni Europeenne ou Française d’ailleurs.

Article : P. du Chélas

Pesticides et santé humaine

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Pesticides ; épandages et dispersion dans l’air

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Néonicotinoïdes

Glyphosate et interdiction

Glyphosate et droit européen

Santé et microplastiques


L’exposition aux pesticides peut se produire directement dans le cadre de leur fabrication.

Et aussi lors de leurs utilisations professionnelles ou domestiques et indirectement par l’air et l’alimentation




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Photo : pixabay.com

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