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Que contient le smartphone que vous jetez ?

Que contient le smartphone que vous jetez ?

La fabrication du smartphone que vous tenez dans la main résulte d’extractions minières à l’échelle de la planète.

Les conséquences de ces extractions minières s’avèrent de plus en plus désastreuses pour l’environnement et notre planète.

Mais aussi pour les populations locales a l’instar de ce qui se passe au Congo avec des conditions d’extraction inhumaines du coltan (source du tantale).

Aujourd’hui, un smartphone rassemble les multiples fonctions d’un ordinateur, d’un lecteur MP3, d’un lecteur de DVD, d’un appareil photo numérique, d’un appareil de navigation GPS, d’un caméscope,…

Mais il représente aussi un concentré de métaux stratégiques et terres rares.

Le premier téléphone portable de 1973 pesait 1,5 Kg.

Concentré de matériaux mondiaux

Le marché mondial des smartphones est passé de 4 milliards en 2016 à 6 milliards en 2020 et on estime que 16 milliards sont en circulation (2022).

L’appareil quant à lui est passé d’une épaisseur de 10 mm en 2010 à 4,75 mm en 2020.

Mais qu’y a t il dans le smartphone que vous jetez ?

Certes, le smartphone est en plastique (bien polluant) mais à l’intérieur on y trouve au minimum 70 matériaux différents dont 55 métaux.

En plus l’appareil requiert des métaux rares dont l’extraction pulvérise les sites où ils se trouvent enfouis.

En effet, la technologie résistifs qui nécessitait l’usage d’un stylet laisse la place aux écrans capacitifs réagissant aux doigt et à l’œil.

Ce type de technologie nécessitent des terres rares.

Ainsi produire un smartphone nécessitent au moins 70 kg de matières premières pour un poids moyen de l’appareil de 150 gr.

Si on décortique toutes les pièces, on trouve pas moins de 500 composants et sous-ensembles clés pour satisfaire les 9 grands thèmes :

  • Affichage,
  • Batterie,
  • Camera
  • Mémoire,
  • Modem
  • Stockage, ,
  • Microphone, 
  • SoC,
  • Capteurs divers (de lumière et de proximité, Accéléromètre, Gyroscope et Boussole).

Par contre, la batterie (élément indispensable) est composée de lithium-ion.

C’est un composant chimique liant l’oxyde de lithium, de cobalt, de graphite, de carbone, de fluor, de phosphore, et de manganèse, le tout enveloppé d’aluminium.

Des nouveaux modèles de batteries apparaissent d’ailleurs comme les lithium-ion-polymère et les batteries lithium-métal-polymère.

De nouveaux métaux apparaissent aussi comme que le vanadium, le cérium, le lanthane, le néodyme et le praséodyme.

On s’oriente d’ailleurs maintenant vers la nano diamond battery.

Un smartphone contient des métaux ferreux et également des minéraux précieux ; 300 microgrammes d’argent et 30 microgrammes d’or (pour les composants micro-électroniques).

Cela représente un marché annuel de plus de 1,9 milliard d’euros (2,5 milliards de dollars) pour l’argent et l’or placés dans votre smartphone.

D’ailleurs le platine remplace l’or dans une moindre mesure.

Un simple haut-parleur comprend de la néodyme (pour remplacer la ferrite), du prasodyme, du cuivre et du nickel.

Problématique des smartphones

La majeure partie des smartphones usagés finissent dans la poubelle ou les décharges.

Mais ils finissant aussi exportés vers des sites de recyclage informel en Asie.

Depuis 2007, on a produit plus de 10 milliards de smartphones.

La situation est telle aujourd’hui que la complexité de la composition des smartphones et les alliages qu’ils contiennent rend difficile leurs recyclages en fin de vie.

En effet, l’appareil comprend près de 50 % de la totalité des éléments chimiques connus.

Ce le problème de ce que contient le smartphone que vous jetez.

La liste des métaux dans les smartphones est de plus en plus longue au gré des technologies.

Outre le fer, le cuivre, le plomb et le nickel, on trouve aussi du phosphore, du chrome et de l’arsenic.

S’y ajoute aussi du mercure, du chlore, du cadmium, du brome, de l’antimoine et du gallium dans les diodes électroluminescentes ou LED.

La Chine détient d’ailleurs le monopole de l’antimoine et du gallium, matières premières essentielles à la production des puces électroniques.

Or, dans un smartphone, les matériaux les moins présents sont les plus toxiques.

Ils constituent des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) de catégorie 3 (informatique et télécoms).

Ces matériaux peuvent entraîner des pollutions à chaque étape du cycle de la vie du téléphone.

Des matériaux très polluants

Les surfaces de contact entre les différents composants sont en palladium.

Le dioxyde de tantale quant à lui sert pour les condensateurs (environ 20).

Mais son écran n’est pas en reste.

Plus qu’un simple morceau de verre, il est composé de praséodyme, de terbium, d’yttrium et de gadolinium (pour la couleur).

A cela s’ajoute de l’indium, de l’étain et de l’oxygène pour le rendre tactile avec un film transparent.

Un gramme de mercure pollue 1 m3 de terre pendant 50 ans.

Ce métal fût à l’origine de centaines de décès au Japon (à Minamata) à la suite de rejets dans la mer en 1950.

De leurs côtés, les fabricants tendent à fabriquer des produits de plus en plus sains.

Mais la connaissance précise de la composition des smartphones baigne toujours dans l’opacité de leur fabrication.

Assemblage et recyclage

Le smartphone est un globe-trotter.

En effet, ses principaux composants se fabriquent en Asie mais également en Europe et aux États-Unis.

Par contre l’assemblage des smartphones se réalise principalement en Asie du Sud-Est.

A l’inverse, les smartphones voyagent dans le monde entier en navires et en avions pour remplir les rayons.

La partie transport génère des émissions de GES qui s’additionnent à celles de la fabrication et de l’approvisionnement en matériaux qui viennent d’un peu partout.

L’impact et l’empreinte environnementales des smartphones ne se limitent donc pas à l’extraction des minerais.

La gestion des déchets au moment de la fabrication pose aussi un problème.

En Argentine, en Bolivie et au Chili, l’extraction du lithium épuise les ressources en eau.

Le recyclage progresse notamment avec le reconditionnement des appareils électroniques.

Des spécialistes réparent et remettent en état en remplaçant certaines pièces.

De même le recyclage des métaux servant dans l’électronique se développe également et devient maintenant obligatoire.

A peine 17 % des déchets électroniques se recyclent aujourd’hui.

A l’avenir pensez à ce que contient le smartphone avant de le jeter.

Et pensez au nouveau dispositif de la réparabilité.

Article : P. du Chélas

Néodyme et terres rares

Métaux stratégiques et Terres rares

La Nano Diamond Battery

Pollution de l’environnement

Recyclage réemploi et réutilisation

Déchets électroniques, e-déchets et D.E.E.E

Batteries et Incendies dans les décharges

Le recyclage du plastique est imparfait

Indice de réparabilité

La pénurie de puces électroniques


Le transport des matériaux pour un smartphone produit 63 kg de Co2 et en suivant le rythme des productions, en 2040 les télécommunications représenteront 14% des rejets mondiaux de gaz à effet de serre.




photo : pixabay.com

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