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Algues vertes en Bretagne et eutrophisation

Les algues vertes en Bretagne sont un problème écologique et sanitaire national.

Célèbre pour ses crêpes, la région est donc la première productrice de lait et d’œuf.

Mais elle est aussi la première productrice de viande de veau, de porc et de volaille.

Et cela grâce à un modèle de production hyper développé et concentré.

L’industrialisation de l’agro-alimentaire et des élevages en Bretagne produit ainsi énormément de nitrates qui se trouvent rejeter dans les cours d’eau et finissent en mer.

Depuis le siècle dernier, les zones hypoxiques, soit en déficit d’oxygène, sont en constante augmentation.

Et cela à cause de l’eutrophisation. Depuis la Bretagne combat ses algues vertes.

Tout commence ainsi en 1971 à Saint-Michel-en-Grève, près de Lannion, avec l’Ulva armoricana, une algue locale des côtes.

Le phénomène s’inscrivait alors bien dans le schéma décrit par l’UICN.

Environnement

Cinquante ans après, le lien entre le développement de l’agriculture industrielle en Bretagne et les algues vertes commence à se faire.

Une mer peu profonde avec des faibles courants dans laquelle finissent les eaux surchargées de nitrates, de phosphore et d’azote.

Logique car le phosphore et l’azote proviennent des nitrates dont les algues vertes se nourrissent.

Le danger des algues vertes provient de leurs putréfactions sur les plages : cela produit de l’hydrogène sulfuré (H2S).

La mobilisation d’associations et de mouvements luttant pour la préservation de la nature permet de mettre fin à un silence hypocrite : Halte aux marées vertes

Début et commencement

En juillet 1989, on trouva le corps d’un jeune joggeur mort sur un tas d’algues vertes.

Ce roman digne d’Agatha Christie commence ainsi 3 jours aprés sa disparition à Saint-Michel-en-Grève.

Il s’agissait là du premier cas mystérieux d’une mort consécutive à une intoxication au sulfure d’hydrogène (H2S).

Mais personne ne le savait encore.

Ensuite, en 1999, un ramasseur d’algues (Maurice Brifaul) est retrouvé inconscient au pied de son tractopelle lors d’un ramassage d’algues.

Le 22 juillet 2009, un autre ouvrier (Thierry Morfoisse) meurt au volant de son camion.

Curieusement en transportant des algues vertes à Binic (Côtes d’Armor).

Il semble en effet qu’il ait respiré trop longtemps l’hydrogène sulfuré que dégagent les algues en décomposition.

C’est ainsi qu’à sa suite, le 28 juillet 2009, deux ramasseurs d’algues sauvent un cavalier (Vincent Petit) in extrémis.

En effet son cheval s’était envasé dans les algues vertes et il avait perdu connaissance.

Le cavalier sera secouru avec le godet d’un tractopelle mais son cheval meurt en une minute.

En 2016, cette fois, c’est un joggeur que l’on retrouva mort lors d’une séance de footing dans l’anse du Gouessant (Hillion).

Il chercher son chien.

Des relevés sous contrôle d’huissier établirent alors la présence d’hydrogène sulfuré avec des taux élevés.


Le tribunal administratif de Rennes vient de rejeter en ce mois de décembre 2022, les demandes d’indemnisation de la famille du joggeur mort en septembre 2016.

La justice administrative était saisie depuis juillet 2019 pour une demande de réparations contre la commune d’Hillion, l’agglomération de Saint-Brieuc et l’Etat.

Jean-René Auffray était décédé à l’embouchure du Gouessant à Hillion le 8 septembre 2016. 


Enfin en 2019, un jeune ostréiculteur décède brutalement en baie de Morlaix.

De même 36 sangliers seront retrouvés morts sur une grève de l’estuaire du Gouessant en 2011.

La vérité va alors commencer à déranger.

L’algue verte en Bretagne tuerait.

En plus ce phénomène naturel de développement des algues vertes est clairement du à une eutrophisation

De plus son l’origine vient des excédents azotés agricoles.

L’affaire est donc délicate pour une région développant une industrie agroalimentaire.

Les enjeux

L’algue verte ne tue plus seulement la faune et la flore marine.

L’algue verte tue aussi l’Homme et la cause de ces décès est leur gaz toxique.

Aujourd’hui, des marées vertes abondent sur des communes distantes de milliers de kilomètres depuis la Normandie à la Gironde.

En 2019, dans la région Bretagne s’organise.

Au point que la masse d’algues vertes ramassée était de 35.000 tonnes.

Cela représentait 1,5 million d’euros de dépenses pour le nettoyage des plages.

Voilà aussi le prix de la bêtise humaine et de son avidité à exploiter la nature avec son modèle agricole.

Ce modèle agricole et les lobbies agro-industriels sont destructeurs de notre environnement.

En 2019, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) alerte sur la perte d’oxygène dans les eaux de mers.

Elle publie une étude conjointe de 67 experts.

Et elle alerte aussi sur la menace que cela représente pour certaines espèces comme les espadons et les thons.

Ces espèces menacées font également parties de la liste rouge publiée par L’UICN.

Les bras de la justice

Le temps fut long.

En effet 6 ans après le décès du joggeur de 50 ans à Hillion (Côtes-d’Armor), l’affaire arrive enfin au Tribunal administratif de Rennes en cette année 2022.

Malgré un classement en 2017 par le parquet de Saint-Brieuc.

Tenace, l’association Eau et rivières de Bretagne a déposé deux recours contre l’Etat pour dénoncer « l’inaction » dans la lutte contre les algues vertes.

L’état ne doit pas oublier le droit d’accès aux données publiques.

Article : P. du Chélas

En 2010, le premier plan de lutte visant à faire baisser les taux de nitrate dans l’eau durant 5 ans, en Bretagne, a coûté 177 millions d’euros aux Bretons et celui de 2017, 55 millions d’euros

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