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Empreinte Environnementale du Numérique

En 2021, l’empreinte environnementale du numérique représentait entre 6 à 10% de la consommation mondiale d’électricité.

Et aussi plus de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).

En France, le numérique représente 2,5 % de l’empreinte carbone nationale.

Lors du premier envoi d’un message par mail, il n’y avait que deux personnes en train de communiquer.

D’ailleurs il n’y avait que deux ordinateurs en connexion sur le réseau Arpanet (ancêtre de l’internet).

Aujourd’hui, sur internet, nous sommes 4 milliards d’utilisateurs avec des milliards d’ordinateurs, tablettes et smartphones.

Et nous développons un inframonde gigantesque.

Selon The Shift Project, la seule consommation de streaming vidéo émet environ 1 % des émissions mondiales de CO2.

Cela représente près de 300 millions de tonnes chaque année.

Vers une responsabilité

La prise de conscience s’installe, doucement, en matière d’empreinte environnementale du numérique.

Une loi du 15 novembre 2021 en prévoit même maintenant la réduction.

Cette loi éponyme de la Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique (REEN) impose enfin certaines obligations.

Celles-ci résultent des préconisations du rapport de la mission d’information sur l’empreinte environnementale du numérique de 2019.

Son évaluation tablait pour le numérique, une production de 24 millions de tonnes équivalent carbone pour 2040 soit 7 % des émissions de la France.

L’approche se doit d’être globale car l’empreinte environnementale du numérique concerne tout un écosystème informatique.

En effet, toute action doit concerner l’ensemble du cycle de vie des data centers, des réseaux, des équipements et des terminaux.

Les milliers de data centers représentent ainsi à eux seuls environ 67 millions de serveurs hébergés.

En plus, il faut intégrer dorénavant les paramètres du recyclage que ce soit des matières premières (terres rares et métaux stratégique) ou des équipements.

Cela implique une prise en compte complète du cycle (durée) de vie des matériels et leurs destinations de fin de vie après recyclage.

Avec l’invasion de l’Ukraine par la russie, la crise énergétique impose de trouver aussi un nouveau modèle de consommation de l’énergie.

L’économie ne doit plus seulement se faire dans les vecteurs de consommation et doit être recherchée aussi dans la production.

Nouvelle conception

La loi REEN s’adresse ainsi à tous les acteurs du numérique : professionnels, consommateurs et acteurs publics.

La première obligation, et non des moindres, est de prévoir une stratégie « numérique responsable ».

Pour cela il est nécessaire donc de définir un programme de travail et des objectifs.

Là où cela va se compliquer, c’est avec l’approche économique.

En effet, les responsables vont devoir limiter le renouvellement des appareils numériques avec l’appui de la lutte contre l’obsolescence programmée.

Dans ce domaine la réparabilité prendra tout son sens tout comme la reconditionnement aussi.

Le constat est simple.

La fabrication des smartphones, tablettes, ordinateurs et autres représente près de 75 % de l’empreinte du numérique.

Et pour couronner le tout, la priorité est de choisir des réseaux et des data centers moins gourmands en énergie.

Sur ce point, les plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) devront intégrer l’enjeu de la récupération de chaleur des centres de données.

Toutes ces actions seront suivies par un nouvel Observatoire des impacts environnementaux du numérique dépendant de l’ADEME.

Par contre, toutes ces intentions butent sur la faiblesse des obligations pour les fabricants.

En effet, la loi créée pour ces derniers des interdictions :

  • interdiction de rendre impossible la restauration de l’ensemble des fonctionnalités d’un terminal réparé ou reconditionné

  • interdiction d’empêcher les consommateurs d’installer les logiciels ou les systèmes d’exploitation de leurs choix au bout d’un délai de deux ans.

Fabrication exponentielle

Le numérique consommera toujours plus d’énergie car certains équipements consomment de plus en plus d’énergie mais surtout aussi en raison de l’augmentation du nombre d’équipements.

La fabrication des équipements électroniques qui utilisent des données binaires est en effet exponentielle.

Les télévisions numériques connectées et les smart TV vont ainsi passer de 525 millions en 2010 à 1,2 milliard en 2025.

On estime aussi que les nouveaux objets connectés vont passer de 1 milliard en 2010 à 48 milliards en 2025.

Dans ce domaine, les lunettes de réalité virtuelle (VR) viendront d’ailleurs en doublon des écrans déjà en fonctionnement.

De même, le programme de déploiement de 10 millions d’antennes relais pour la 4G et 5G s’ajoute à l’impact des infrastructures réseaux.

Un autre phénomène impacte également l’augmentation du nombre d’équipements, celui de la taille des équipements.

Ce phénomène incite à l’achat tout comme d’ailleurs celui de d’obsolescence programmée qui devient maintenant répréhensible.

Devenir raisonnable

Il faut trouver une solution pour ajuster un équilibre entre utilisation du numérique et empreinte environnementale.

Le numérique est une composante de nos sociétés qui ne peut plus disparaître.

En dehors de limiter les achats à ce qui est nécessaire, c’est sur la durée de vie des équipements qu’il faut agir et le recyclage.

En effet, la fabrication des équipements est la principale source de l’empreinte environnementale du numérique mondial.

Du fait de l’épuisement des minerais, il va falloir en fabriquer moins et les utiliser mieux et plus longtemps.

Pour cela, faire coïncider la durée de la garantie légale des équipements avec leurs durées de vie peut être une solution simple.

A titre d’exemple, la garantie légale d’un ordinateur portable est de 7 à 10 ans alors qu’il n’est garantie que 2 ans.

Une convergence entre la transition numérique et la transition écologique prend donc forme.

Article : Roman Skorupski


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